Frère Constant Brouillard, c.s.c.
Revue «Salam!» Vol. 32, no 1, janvier-mars 1982
Durant les deux premières années de sa vie d’ermite, je m’accuse d’avoir épié pour ainsi dire, le cher confrère afin de m’en édifier; des soirées, je suis resté derrière un arbre pour ne pas le déranger en ses longues supplications, le plus souvent à haute voix. Beau temps, mauvais temps, hiver froid et humide, comme nuits écrasantes de chaleur et d’humidité, le frère Flavien était fidèle au rendez-vous avec le Seigneur et la Vierge. Que de rosaires pieusement récités !. . .
Lorsque je vécus avec lui à Diang, aux années 50, il passait une partie de ses nuits en prière en la chapelle voisine de ma chambre parce qu’il était revenu tard de la pêche ou qu’il devait y retourner très tôt le matin.
Donc sa vie fut d’abord profondément intérieure, voilà pourquoi il a pu se tremper complètement en son réduit. Plus d’une fois, il m’a répété que dans son Ashram, il a eu plus de contacts avec les pêcheurs qu’au temps où il parcourait sans cesse leurs villages, maintenant, disait-il, reposé, solitaire, j’ai plus de loisirs d’aider vraiment ceux qui me visitent, les pêcheurs en particulier, chrétiens et païens. Plusieurs musulmans qui s’offusquaient de se voir préférer les pêcheurs, basse caste dépréciée, perdirent leur rancune et devinrent ses amis.