Frère Julien Hétu, c.s.c.
Missionnaire au Bangladesh
«Il y a plusieurs cordes à votre luth. Laissez-moi y ajouter la mienne.» J’aimerais me servir de cette prière du grand poète Rabindranath Tagore, comme inspiration parmi les nombreux témoignages sur le frère Flavien. Au premier contact avec le frère Flavien, on ne pouvait manquer de saisir sa personnalité tout exubérante. Sur-le-champ, c’était un dialogue vivant, enthousiaste, mêlé de fines pointes d’esprit. Chaque individu qu’il rencontrait devenait pour lui un être unique qu’il s’efforçait de comprendre, et qu’il aimait déjà profondément, car il n’y avait pas de demi-mesure en lui.
Malgré toutes ces belles qualités d’organisateur, de chaude amitié, de travailleur infatigable, ce qui demeura toujours authentique en lui, ce fut sa vie de prière généreuse et soutenue. Dans toutes ses activités les plus débordantes, le frère Flavien n’oubliait jamais de prier, même assoupi au pied du tabernacle aux petites heures de la nuit. Je m’en voudrais bien de juger ce sommeil probablement plus contemplatif qu’autrement. Car, maintes fois, j’ai remarqué, lors de certaines réunions, qu’il semblait «cogner des clous», mais aussitôt que les mots de Diang ou Miriam Ashram étaient prononcés, il sursautait et soutenait son œuvre comme la mère son enfant. Dans une dernière réunion chez les frères à Chittagong, le frère Flavien avait souligné avec force combien Jésus était un homme d’action tout en demeurant en contemplation devant son Père.
Si on se doit de prier pour le repos de l’âme du frère Flavien, n’oublions pas également de le prier. Merci, frère Flavien de nous avoir donné un exemple si fort de vie religieuse et missionnaire.