L’abbé Berty Rodrigues

Ancien chapelain à Miriam Ashram, Juin 1984

À Miriam Ashram, j’étais en présence d’un frère missionnaire. . . et tout ce qui m’entourait était le fruit de cette âme intrépide, de quelqu’un qui s’est privé de toutes les bonnes choses qu’un pays riche peut offrir comme confort.

Au lieu de cela, il prit la forme d’un pêcheur méprisé et de basse classe parmi lesquels il vécut. Il mangeait leur nourriture, dormait où ils dormaient et parlait leur dialecte. Il est devenu partie intégrante de chaque village sur les 750 milles de la région côtière du Bangladesh. Hommes et femmes de la classe des pêcheurs l’acceptaient comme un débota (déité), leur Débota. Ce frère missionnaire ne parlait pas du monde environnant, excepté de ce qui l’habitait au fond de lui-même. . . les pêcheurs.

Il combattit pour leurs droits en cour et réussit à gagner presque tout le temps, mais au prix de quelle dépense d’énergie, de patience et de fatigue – lui seul peut le dire. Il n’y avait rien d’étranger en lui quand il s’agissait d’être un pêcheur parmi les pêcheurs.

Dans ses homélies, le frère souvent parlait du Christ comme satisfaisant tous nos besoins. Rien d’autre ne saurait nous suffire. Une fois j’eus le sentiment en l’écoutant que l’amour pour lui ne voulait pas dire simplement l’amour de Dieu et du prochain. L’amour pour lui, si je l’ai bien compris, voulait dire plus un abandon de soi-même à Dieu et au prochain, une indifférence envers une rétribution d’amour, une voie à sens unique à vrai dire. Le frère donnait tout ce qu’il avait à ceux qu’il aimait le Christ-Jésus et les pêcheurs.